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Projet EINAR SCHLEEF Projekt

Metteur en scène, acteur, romancier, auteur dramatique, peintre et photographe, Einar Schleef demeure encore peu

connu au-delà de l’Allemagne.

Mort en 2001, à 57 ans, ce créateur génial a laissé derrière lui une œuvre théâtrale, picturale et littéraire extrêmement

importante.


Le Projet EINAR SCHLEEF Projekt, véritable chantier pluridisciplinaire franco-allemand, réunira des spectacles, des
performances et des lectures, ainsi qu'une exposition et un colloque autour de l'artiste allemand Einar Schleef.


  
      
                                                                                                                                                                                                          
© Stiftung Moritzburg Kunstmuseum

Einar Schleef appartient aux quelques êtres humains qu’il m’arrive d’envier.

Son talent lui vient du règne des mères, qui est règne des nécessités. Ses travaux dans les divers domaines de l’art font toujours sauter le cadre et, dans tous les cas, mettent l’art – où ce que l’on entend sous ce terme – en question. Ils appartiennent à la matière dont sont faits les rêves du siècle, ses cauchemars aussi. Son théâtre crée un nouvel espace, entre Eschyle et la culture pop, qui fait du chœur son protagoniste parce qu’il n’accepte pas la naissance du protagoniste dans la soumission de la femme. La première qualité de sa littérature est la renaissance du conteur dans l’esprit de la langue qui est d’abord le parler, un affront contre la « littérature », contre l’écriture. Il sait avec Kafka que l’art est une affaire du peuple. Parmi les morts, c’est Kleist qui lui est le plus proche – un poète sans peuple.

 

                                                                                                                                                                Heiner Müller


Penthésiléa/ Versions


Recréer un moment d’espace-temps théâtral suspendu –« l’œil du cyclone » – au centre même du flux et reflux
incessant de notre société et des catastrophes qu’elle produit. L’espace-temps à la fois perturbateur et décalé du
Japon me paraît propice à un travail de confrontation qui s’inspirera de la pièce
Penthésilée
de Heinrich von Kleist
 – une « pièce de guerre » écrite par un « auteur de la catastrophe » (Hans-Thies Lehmann).


    
 

L’auteur allemand a écrit pour un théâtre, pour une scène qui n’existait pas – dans une langue - et une diction -

comprimée, mais extrêmement« chargée » par son contenu, Kleist a écrit un rêve théâtral.

 

Un rêve théâtral qui, peut-être, trouverait sa juste expression, son expression optimale, à travers un concept qui

s’éloignerait radicalement de la narration dramatique, qui pratiquerait un jeu corporel qui séparerait et réduirait

les différents niveaux de récit, de gestus, de son et de danse afin de mieux porter les extrêmes qui soutiennent

le texte de Kleist.


Les possibilités du théâtre japonais et plus particulièrement celles du Bunraku ne seraient-elles pas de cet

ordre-là : « prenez le théâtre occidental des derniers siècles ; sa fonction est essentiellement de manifester ce

qui est réputé secret (les « sentiments », les« situations », les « conflits »), tout en cachant l’artifice même de la

manifestation (la machinerie, la peinture, le fard, les sources de lumière). La scène à l’italienne est l’espace de

ce mensonge : tout s’y passe dans un intérieur subrepticement ouvert, surpris, épié, savouré par un

spectateur tapi dans l’ombre. Cet espace est théologique, c’est celui de la Faute. (…) Le Bunraku ne subvertit

pas directement le rapport de la salle et de la scène (encore que les salles japonaises soient infiniment moins

confinées, moins étouffées, moins alourdies que les nôtres) ; ce qu’il altère, plus profondément, c’est le lien

moteur qui va du personnage à l’acteur et qui est toujours conçu chez nous, comme la voie expressive d’une

intériorité. (…) Avec le Bunraku, les sources du théâtre sont exposées dans leur vide. Ce qui est expulsé de

la scène, c’est l’hystérie, c’est-à-dire le théâtre lui-même ; et ce qui est mis à la place, c’est l’action nécessaire

à la production du spectacle : le travail se substitue à l’intériorité. » (Roland Barthes, L'Empire des signes)

   

                                                                                                                                        Crista Mittelsteiner


/ Historique

Spectacles/ performances/ résidences de création

    •    / 2011 : Einar, pourquoi tu n'écris pas d'après Einar Schleef, Halle et Bruxelles
    •    / 2008 : Je suis venu mais le théâtre était parti - une journée de découverte(s) autour de Einar Schleef : lectures, 
         projections de films, installation. Rencontres d’été, Villeneuve-lès-Avignon
    •    / 2007  Einar Schleef - une performance, Genève
    •    / 2004-05  Inquiétude au sujet de ma propre personne d’après Franz Kafka, Ajaccio
    •    / 2002  L‘Homme assis dans le couloir de Marguerite Duras, Ajaccio
    •    / 2001  Plus tard encore de Marguerite Duras, Paris
    •    / 2000  Memento (Hamlet) d'après Shakespeare, inédit
    •    / 1998  Qui porte mon nom par hasard (medea), d'après Heiner Müller et Euripide, Paris
    •    / 1997  Medea d’après Euripide, Pigna et Cagliari
    •    / 1996  Désir & permis de circuler  de Elfriede Jelinek, Paris
    •    / 1993-94  Le Mort de Georges Bataille, Bruxelles, Paris et Munich
    •    / 1992  Attente/Erwartung de Marie Pappenheim, Bruxelles

        
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Ateliers de création en milieu scolaire

    •    / 2002-2003  La douleur, dit-elle, Ajaccio
    •    / 2001-2002  Pièces de mémoire, Ajaccio
    •    / 2000-2001  Antigone(s), Ajaccio
    •    / 1999-2000  Nulle part n’est notre place (Les Suppliantes), Ajaccio